Un mystérieux saccage chez un jardinier populaire

Un mystérieux saccage chez un jardinier populaire

Le producteur Michel-Alexandre Proulx montre un exemple de bidon dorsal qui a été utilisé dans son champ de maïs

Une partie du champ de maïs des Grands Jardins d’Alexandre a été saccagée entre le 25 et le 28 juillet à Baie-Saint-Paul. Une substance toxique a été répandue sur environ 4000 plants. Le propriétaire Michel-Alexandre Proulx souhaite dénoncer ce geste volontaire et gratuit.

Le champ est situé à 2000 pieds du chemin Saint-Laurent, a confié Michel-Alexandre Proulx, qui n’a pas porté plainte à la Sûreté du Québec. « Il faut que la personne connaisse l’endroit et qu’elle ait planifié son acte. Je soupçonne qu’elle travaille dans le milieu de l’agriculture puisqu’un bidon dorsal a été utilisé et ce type de bidon coûte entre 200 et 500 $. Environ une vingtaine de litres de la substance a été étendue sur mes 14 rangs de maïs, cela représente le tiers de ma production. Je n’ai pas porté plainte parce qu’il y a eu des vols de foin et cela n’avait pas été résolu. Nos légumes sont populaires et cela peut déranger certaines personnes. J’ai toujours misé sur le commerce de proximité et je bénéficie de l’aide d’une douzaine de bénévoles. C’est la 8e année que je suis en opération et c’est la première fois que cela arrive ».

Les pertes sont évaluées à 4000 $ pour le sympathique jardinier, qui n’est pas assuré pour ce type d’action « Je ne comprends pas qu’une personne puisse agir ainsi, a-t-il déploré. En plus, nous sommes un organisme à but non lucratif. Il peut y avoir une compétition pour les prix, mais pas du saccage. Cela représente plusieurs semaines de travail pour mes bénévoles puisque chaque plant de maïs est semé en caissettes (multi-cellules) et replanté par la suite. La substance toxique a été aspergée en plein centre du champ, sur le tiers de ma récolte. C’est pour cette raison que je soupçonne un acte volontaire. Nous avons remis de l’engrais, les plants pourront peut-être donner des petits épis de maïs. Si jamais c’est le cas, je les donnerai aux enfants qui viennent avec leur garderie », a raconté le producteur, qui ne se connait pas d’ennemi.

Andrée Havard est bénévole pour les Grands Jardins d’Alexandre depuis sept ans. Elle ne comprend pas pourquoi une personne puisse agir ainsi (voir lettre ouverte). « Je veux dénoncer cette action et montrer qu’elle a des conséquences pour beaucoup de gens. En agissant ainsi, on ne touche pas seulement le producteur, mais tous ceux qui travaillent autour et on prive la communauté d’une partie de la production. Il y a de la place pour tout le monde en agriculture. Ce n’est pas la bonne façon de faire surtout dans une petite communauté comme la nôtre. Nous travaillons forts pour que chaque client puisse profiter de légumes frais. »