Les travailleurs saisonniers de Charlevoix passent à l’action

Les travailleurs saisonniers de Charlevoix passent à l’action

N’ayant reçu aucune réponse de la part du ministre fédéral Jean-Yves Duclos, responsable du dossier, suite à leurs démarches du mois de décembre dernier, les chômeurs sont passés à l’action. Plusieurs représentants de Charlevoix et de la Côte-Nord ont occupé son bureau de Québec les 12 et 13 janvier. De plus, le Mouvement Action-Chômage de Charlevoix (MACC) organise une marche de solidarité qui est prévue aujourd’hui à La Malbaie dans l’espoir d’interpeler directement le premier ministre Justin Trudeau.
« La problématique du trou noir de l’assurance-emploi n’a pas évolué », soutenait Julie Brassard, directrice générale du MACC le 11 janvier. Celle-ci était particulièrement déçue de la tournure des événements, notamment dans l’absence de suivi du ministre fédéral de la Famille, des Enfants et du Développement social Jean-Yves Duclos. « Nous espérions que [celui-ci] prennent des actions après notre dernière conférence téléphonique. Or, rien n’a été fait », dénonçait-elle.
Dans ce contexte, les chômeurs de Charlevoix, de la Côte-Nord, du Bas-Saint-Laurent et des syndicalistes de la CSN ont décidé de poser des gestes concrets pour attirer l’attention de l’élu. Les 12 et 13 janvier derniers, une vingtaine d’entre eux ont occupé le bureau du député libéral, situé au centre-ville de Québec. Ils se sont présentés à l’improviste, vers 10 h du matin, et ont exigé de rencontrer le politicien, qui était alors retenu dans une autre activité politique à l’extérieur de la province.
« À chaque trois heures, nous votions à savoir si oui ou non nous poursuivions le siège. Nous nous sommes accrochés et nous avons atteint notre but, soit d’avoir une rencontre en personne avec le ministre samedi soir vers 18h30 », raconte Julie Brassard, qui, au total, a passé près de 36 heures consécutives dans le bureau de Québec avec ses collègues militants. « Nous avons pu passer notre message, car M. Duclos était à l’écoute. Nous avons exposé clairement nos demandes et il nous a fait comprendre que nos démarches n’étaient pas vaines », décrit la directrice générale du MACC à propos de son échange avec le politicien. Par contre, ce dernier n’a pris aucun engagement concret, contrairement à ce qu’aurait souhaité le groupe de pression. Selon ce que rapporte Julie Brassard, le désastre annoncé à la fin 2017 par les intervenants sociaux est train de se produire.
« Des chômeurs sont déjà entrés dans le trou noir. À nos bureaux, nous sommes déjà débordés d’appels », souligne-t-elle. Ainsi, elle presse le gouvernement d’agir dans ce dossier et prévoit un hiver mouvementé si des mesures d’urgence ne sont pas adoptées rapidement.