Plus de zones de protection du béluga réclamées

Plus de zones de protection du béluga réclamées

Photo prise sur le site de sciencesetavenir.fr

Les neuf carcasses de bélugas retrouvées échouées cette année le long du fleuve Saint-Laurent, dont deux étaient de nouveau-nés et trois de femelles en gestation, inquiètent les spécialistes. Bien que des progrès aient été effectués, certains experts croient qu’il faut créer davantage de zones réservées à cette espèce menacé afin de la protéger.

Par Myriam Boulianne

Dl30 Athéna, une femelle d’environ 50 ans, est la dernière en liste. Elle a été retrouvée sur les rives de Baie-Sainte-Catherine la semaine dernière.

Environ 300 000 personnes effectuent des croisières aux baleines chaque année. La pression que cette industrie exerce sur ces imammifères marins est largement documentée. De manière conjointe, les autorités gouvernementales et l’industrie sont ainsi forcés d’appliquer des règlements et des façons de faire encore plus strictes pour réduire les nuisances.

Pour Robert Michaud, directeur scientifique du Groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), s’il affirme qu’il y a « une inquiétude de la navigation sur les bélugas », il croit que « l’activité est beaucoup mieux encadrée qu’elle ne l’était autrefois ». Par exemple, il souligne que cette année, les navigateurs doivent rester à l’extérieur de la Baie-Sainte-Marguerite, réservée exclusivement aux bélugas. Selon celui-ci, cette mesure devrait être étendue à d’autres secteurs. Il rappelle que ce mammifère marin est classé animal en voie de disparition selon la Loi sur les espèces en péril. «La protection des bélugas est ardue et un objectif à long terme : « Dans quinze ans, on va encore en parler. Ça va demeurer un enjeu pour les 50-100 prochaines années », prédit-il.

Une règlementation plus sévère ern vigueur

Le Règlement sur les activités en mer dans le Parc marin Saguenay-Saint-Laurent, en vigueur depuis 2002, vise à estomper les effets négatifs des activités nautiques sur les mammifères marins. Il limite la distance à 400 mètres pour l’observation des baleines et des bélugas dans le Parc marin, délivre un maximum de 53 permis pour les croisières aux baleines (1 permis = 1 bateau) et détermine la vitesse maximale dans le parc marin à 25 nœuds, entre autres. Le règlement a d’ailleurs été révisé en 2017 afin de renforcer certaines dispositions : réduction de la vitesse des navires à 15 nœuds dans l’embouchure du Saguenay et interdiction des motomarines, aéroglisseurs ou de pratiquer un sport nautique de traction.

Selon l’agente aux partenariats et communications à Parcs Canada, Laurence Pagé, les capitaines reçoivent une formation de Parcs Canada. Il y a une patrouille de prévention et des gardes de parc veillent au respect du règlement. Le nombre de visiteurs au Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent atteint le million annuellement, dont 300 000 pour les croisières aux baleines.

Yan Hamel, président-directeur général de Croisières AML, confirme que le taux d’achalandage de l’année 2018 jusqu’à date suit de très près celui de 2017, pourtant une année record. En haute saison, il peut y avoir jusqu’à 5000 visiteurs par jour. Il se dit conscient du potentiel attractif de ce produit touristique, notamment auprès des touristes hors-Québec, estimant qu’il représente 65% de sa clientèle.

M. Hamel est conscient des impacts que peut avoir l’industrie sur la faune, mais assure que plusieurs mesures ont été prises pour réduire les nuisances. En 2006, il dénombrait 12 000 départs de croisières annuellement. Il a pu réduire de moitié ce nombre grâce aux mesures prises, telles que la création de nouveaux bateaux et l’augmentation de la capacité des navires : « En réduisant le nombre de croisières par jour, l’empreinte environnementale par passager est réduite. » Il précise que son entreprise a fondé l’Alliance éco-baleine afin de s’assurer que les croisières d’observation des baleines s’effectuent dans le respect de la biodiversité, puis a créé un fonds d’investissement, le Fonds Baleines, dont les sommes sont destinées à la recherche et à l’éducation.