Pavillon Hubert Reeves: à la croisée des chemins

Pavillon Hubert Reeves: à la croisée des chemins

Bernard Maltais et Michel Gervais, de l’Observatoire, entourant Jean-François Major et Annette Viel, de Sibéria, les auteurs du concept muséologique de l’OGC

Tous les astres semblent alignés afin de connaître le dénouement quant à la décision de construire la Pavillon Hubert-Reeves en Charlevoix en 2018, un projet aujourd’hui estimé à un peu moins de 15 M$.

Fort de subventions totalisant 75 000 $ au cours de la dernière année, l’Observatoire de la géosphère de Charlevoix (OGC) a pu confier le mandat à des muséologues de définir l’expérience que vivraient les visiteurs et usagers qui fréquenteront ce potentiel lieu du savoir, aménagé sur le chemin du Havre, à Pointe-a-Pic.

Parrainé par l’astrophysicien Hubert Reeves, ce pavillon aurait comme objetif de transmettre la connaissance de l’histoire de la Terre, de l’Univers et de la création du territoire charlevoisien à la suite de la chute d’un astéroïde survenu il y a 400 millions d’années.

Une quinzaine de partenaires, dont des dirigeants de l’Université Laval (UL) à Québec, de l’Agence spatiale canadienne, la responsable des ministres fédéraux québécois, le maire de La Malbaie, Michel Couturier, des membres de Tourisme Charlevoix, de la MRC de Charlevoix-Est, de la Réserve mondiale de la biosphère, entre autres, ont assisté à la présentation de la firme spécialisée Sibéria intitulée Le Pavillon Hubert-Reeves, un impact météoritique, un impact sur nos vies, jeudi dernier à Québec.

D’entrée de jeu, les experts soulèvent l’hypothétique question de la création d’un éléphant blanc, une réalité qui a frappé certaines organisations parce qu’elles ont omis d’actualiser leur mission. Il faut s’assurer, lorsque l’on crée un musée, de ne pas l’abandonner et de créer une expérience vivante, évolutive dans le temps. Parce que la planète évolue, bouge dans le temps, se révolte parfois, comme il est possible de le voir avec la multiplication des catastrophes écologiques, le Pavillon de La Malbaie se caractériserait par sa capacité à se renouveler.

Il faut s’assurer que les gens vivent un « Wow » lors de leur passage, quittant ainsi avec l’intention d’y revenir.

Des appuis

L’Agence spatiale canadienne (ASC) renouvelle sans cesse son l’intérêt pour ce Pavillon, surtout en considérant le potentiel quant à la transmission du savoir en éducation. L’ASC s’intéresse particulièrement à l’origine et à l’évolution du système solaire, à la surveillance des géocroiseurs et des débris spatiaux. Elle y voit une opportunité d’analyser la Terre quant au climat et à l’environnement ainsi qu’un potentiel scientifique international.

André Darveau, doyen par intérim du Département des sciences et de génie de l’Université Laval, démontre aussi un intérêt réel, soulevant même la possibilité d’une entente qui pourrait ressembler à celle conclue avec la Forêt Montmorency, qui offre la forêt boréale à seulement 50 minutes de Québec et où l’on tient des colloques, cours, réunions de formation et sociales. L’UL développe aussi son partenariat avec la Forêt maritime à Saint-Joseph-de-la-Rive.

Pour Michel Gervais, président de l’OGC, la prochaine année se veut déterminante : « Charlevoix reçoit le G7, nous vivrons une année électorale, nous avons des partenaires sérieux qui ont confirmé leur intérêt. Alors il nous manque l’appui du gouvernement québécois, du Secrétariat de la région de la Capitale-Nationale. »

M. Gervais conclut qu’une étude très conservatrice démontre la rentabilité du projet : « Le financement doit venir un tiers de Québec, un tiers d’Ottawa et un tiers du privé. Cette partie, nous l’aurons dès que Québec aura pris son engagement ».

Le Pavillon attirerait entre 32 500 et 62 000 visiteurs, selon une vision conservatrice ou optimiste. « En comptabilisant seulement 1,8% de la clientèle touristique qui nous visite actuellement, nous ferions nos frais. Et nous ne tenons pas encore compte de la clientèle scientifique et scolaire. Dans notre esprit, tout est possible. On ne travaille pas sur ce projet depuis sept ans sans y croire », analyse Bernard Maltais.