Une faible participation à la manifestation

Une faible participation à la manifestation

Environ une dizaine de personnes ont pris part à la manifestation organisée par le Mouvement Action-Chômage Charlevoix (MACC) vendredi dernier devant les bureaux du Sommet du G7. Cette faible participation déçoit les organisateurs, alors que le trou noir de l’assurance-emploi est sur le point de frapper Charlevoix de plein fouet. Pour l’instant, ils prendront du recul afin d’orienter la suite des choses.
« Le rassemblement a été tranquille. Nous sommes déçus de cela », affirme Julie Brassard, directrice générale du MACC. Bien qu’une cinquantaine de manifestants étaient originalement attendus, une dizaine seulement s’est présentée pour exprimer et dénoncer la problématique du trou noir de l’assurance-emploi.
Pour expliquer cette faible participation, Julie Brassard constate que les préjugés entourant les travailleurs saisonniers sont encore bien présents dans Charlevoix. « Les chômeurs sont réticents à s’afficher publiquement. Ils sont encore perçus comme des gens qui ne veulent pas travailler. Plusieurs me confient leur crainte à se faire juger lorsque je les rencontre en privé », déclare-t-elle. De plus, elle craint que le faible nombre de manifestants ait l’effet contraire à celui originalement escompté. « Si personne ne se présente, est-ce que le gouvernement va comprendre que les chômeurs trouvent la situation acceptable? » s’interroge-t-elle.
Pour la suite des choses, le MACC désire prendre du recul et sonder le terrain. « J’ai rencontré plusieurs travailleurs saisonniers en privé. Ils craignent le trou noir de l’assurance-emploi. Néanmoins, s’ils n’osent pas se manifester en public, comment faire pour les aider ? », se demande la directrice générale. Elle continue de croire malgré tout que les chômeurs ont besoin d’une solution permanente à leur problème. Pour l’instant, elle continuera de travailler afin de dénoncer la situation. Par exemple, elle compte rencontrer sous peu les représentants d’Emploi-Québec afin d’examiner les possibilités de formation pour sa clientèle. Malgré tout, elle envisage aussi la possibilité de tenir une autre manifestation ciblée alors que Charlevoix se trouvera en plein cœur du trou noir. Elle croit que les travailleurs saisonniers vont recommencer à s’intéresser à ce dossier lorsqu’ils constateront que les millions promis par Ottawa tarderont à arriver dans la région.
Pour ce qui est des prochaines semaines, elle les entrevoit négativement. « Est-ce que la SAAB sera capable de fournir aux besoins alimentaires de 1 000 travailleurs saisonniers ? Est-ce qu’il y aura des suicides? », déclare-t-elle. D’ici là, elle demeure disponible pour répondre aux chômeurs dans le besoin et travaillera sans relâche afin de faire valoir leurs droits.