Emploi: le travail saisonnier dans la mire

Emploi: le travail saisonnier dans la mire

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, et la députée de Charlevoix-Côte-de-Beaupré, Caroline Simard, présente lors de la première table de concertation.

 

 

Dans la foulée de l’annonce du transfert de 6,4 millions au gouvernement du Québec par Ottawa pour venir à bout du fameux trou noir, une Table de concertation a été mise sur pied dans quatre régions, dont Charlevoix, pour trouver des pistes de solution au problème.

Le 17 mai dernier, les gouvernements du Québec et du Canada annonçaient la création d’une entente pour aider les travailleurs saisonniers à passer au travers le « trou noir », une période durant laquelle les travailleurs de l’industrie saisonnière se retrouvent sans prestation d’assurance-emploi.

Selon les termes de cette entente, Québec obtiendra 6,4 millions en 2018 sur un total de 230 M$ à recevoir pour « offrir des formations et du soutien financier pour répondre aux besoins des travailleurs de l’industrie saisonnière qui acceptent de prolonger la période d’emploi de leur main-d’œuvre pour la former », selon ce qui est écrit dans le communiqué du gouvernement provincial.

En mode réflexion

Une semaine après l’annonce, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais, était de passage au Domaine Forget pour assister à la première rencontre de la nouvelle Table régionale de concertation de l’emploi saisonnier de la Capitale-Nationale. « On a mis sur pied cette table avec des représentants du milieu socio-économique de Québec et de Charlevoix surtout, car c’est principalement la région de Charlevoix qui est touchée, pour trouver des solutions à plus long terme à l’enjeu du travail et de l’emploi saisonnier et faire des propositions qui vont monter au niveau national », explique le ministre. « Est-ce que l’on peut renforcer le travail saisonnier? Est-ce que l’on peut faire en sorte que le travail saisonnier soit moins précaire et que les employeurs puissent conserver leurs travailleurs et grandir plus facilement? », énumère le ministre comme exemple de questions qui seront abordées par cette table de concertation.

Un ministre… Très enthousiaste

Le ministre Blais était plus que confiant lors de son passage. « On est à peu près certain que l’on peut prévenir le trou noir dans les prochaines années, compte tenu des sommes que nous avons reçues du gouvernement fédéral », affirme-t-il en entrevue en ajoutant que « s’il faut par la suite négocier avec le fédéral des ententes pour assouplir le cadre dans lequel ils nous ont mis, on fera ces représentations-là en temps voulu ».

Jumeler des entreprises

Une des possibilités déjà avancées pour résoudre le problème des travailleurs saisonniers serait le jumelage de deux ou plusieurs entreprises saisonnières pour garantir aux travailleurs de l’emploi à longueur d’année, ou presque. Une solution qui passe par la bonne volonté des employeurs, selon François Blais. « C’est clair que les employeurs ont un rôle à jouer plus grand que jamais s’ils veulent conserver leurs employés longtemps. Ils doivent accepter de collaborer davantage entre eux. Éventuellement, on parle de mutualiser les employeurs sur un certain nombre de problèmes pour qu’Emploi Québec puisse intervenir de façon assez large », affirme-t-il en donnant un exemple de ce qu’il avance. « Il y a déjà des choses qui se font déjà sur le terrain. J’ai été en Gaspésie hier et les impacts du trou noir ont été largement diminués, car les centres locaux d’emploi ont travaillé avec les entreprises pour en pairer certaines entre elles qui travaillent sur des saisons différentes… Donc il y a déjà des pistes de solutions », ajoute le ministre. D’ailleurs à ce sujet, Charlevoix serait une région privilégiée selon lui. « Vous avez un avantage dans Charlevoix que je pense que toutes les régions n’ont pas, c’est que vous avez un hiver splendide avec un tourisme d’hiver bien plus important ici qu’à bien des endroits », affirme François Blais.