CSDC : Les élèves réussissent malgré tout

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Crédit photo : claude boulet

La Commission scolaire de Charlevoix (CSDC) a publié mardi le 13 février son rapport annuel. Enregistrant un important déficit, l’organisation souffre des coupures budgétaires effectuées par le gouvernement provincial. Néanmoins, le rendement des élèves à la hausse, ce qui démontre que l’on fait beaucoup avec bien peu dans la région.

 

« Cette année, le déficit est de 555 063 $. En juin prochain, nous croyons qu’il atteindra le million », affirme Pierre Giard, président de la CSDC. En 2010, les coffres contenaient près de 4 M$ dollars de réserve, et aucune difficulté financière n’était envisagée. « À l’époque, le gouvernement a imposé d’importantes coupures budgétaires au réseau. Depuis, nous générons des déficits de 500 000 $ à 1 M$ par année », dénonce-t-il. Ainsi, les réserves ont complètement été épuisées et les finances de la CSDC sont maintenant dans le rouge, car elle enregistre un déficit cumulé de 130 205$. Ce dernier pourrait continuer de grimper de près de 1 M$ par année, si rien n’est fait.

« Les compressions budgétaires ont fait beaucoup plus mal aux petites commissions scolaires qu’aux grosses », déclare M. Girard. D’ailleurs, à l’automne, le vérificateur général du Québec a réalisé un Audit de performance sur le financement des commissions scolaires et gestion de leurs frais d’administration sur la performance de l’organisation régionale, et abonde dans le sens que Pierre Girard. « [La CSDC] a subi une décroissance de ses effectifs scolaires de 11% ces 10 dernières années et, comme le financement de base varie directement en fonction de ce facteur, elle a ainsi moins de marge de manœuvre pour absorber les compressions budgétaires des dernières années et supporter ses coûts fixes liés à la gestion de ses établissements et de son siège social. Elle a une plus grande difficulté à recruter le nombre d’élèves suffisant en formation professionnelle pour couvrir ses coûts, en raison notamment du faible bassin de sa clientèle », soutient le rapport déposé à l’Assemblée nationale.

Armé de cet audit et d’autres expertises qui vont dans le même sens, le président Pierre Girard sollicite donc maintenant un rehaussement de son financement auprès du ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport Sébastien Proulx. « Les élections provinciales sont en octobre 2018. Nous présenterons à notre dossier [ce dernier] sous peu avec tous les éléments de solution. Il a l’autorité pour prendre certaines décisions pour certaines commissions scolaires. Malgré toutes les compétences et la crédibilité du ministre Proulx, s’il n’arrive pas avec des conclusions positives pour Charlevoix, ce sera un échec pour celui-ci, pour notre députée et pour moi-même à titre de président car je travaille afin de retrouver l’équilibre budgétaire sur ce dossier depuis six ans », déclare-t-il de manière non équivoque. Une rencontre avec le ministre Proulx devait avoir lieu le 9 février dernier, mais elle a été reportée à une date ultérieure. À date de mettre sous pression, le président était confiant de pouvoir arriver à une entente avec le politicien provincial.

Malgré le problème du financement chronique de la CSDC, le taux de diplomation est en hausse dans chez ses élèves, pour atteindre 79,4 %, soit 2,9% de plus que le résultat obtenu dans le réseau public à l’échelle provinciale, qui atteint 76,5 %. « C’est un grand plaisir pour nous de démontrer notre efficacité et la réussite de nos jeunes. Bien souvent, nous sommes dans les meilleurs au Québec. Nous faisons beaucoup avec peu de moyens », avance M. Pierre Girard. Il souligne aussi que plusieurs écoles charlevoisiennes sont situées dans des commaunautés défavorisées sur le plan économique, ce qui rend la tâche plus difficile.

Dans le contexte actuel, le président de la CSDC n’est pas inquiet que son organisation, l’une des plus petites au Québec, soit forcée de fusionner avec l’une voisine comme la Commission scolaire des Premières Seigneuries. « Dans le passé, nous avons convaincu l’ex-ministre Bolduc de ne pas procéder à un telle fusion. Il faut maintenir nos leviers décisionnels dans la région. Nous le voyons en santé. Ça ne semble pas facile d’être géré par Québec », énonce-t-il. Il est ainsi confiant de maintenir les acquis peu importe quel parti sera porté au pouvoir en octobre 2018.