Côte charlevoisienne: l’érosion gagne du terrain

Côte charlevoisienne: l’érosion gagne du terrain

 

La tempête des 27 et 28 novembre, doublée de fortes marées,  n’a pas épargné les berges charlevoisiennes. L’Isle-aux-Coudres et Saint-Joseph-de-la-Rive ont été particulièrement touchés, une situation de plus en plus préoccupante tant pour les résidents qui habitent les berges que pour les municipalités.

Aux abords du quai de Saint-Joseph-de-la-Rive, sur la rue de la plage, un affaissement s’est produit derrière un muret de pierres. La plage, à cet endroit, s’est réduite comme peau de chagrin au fil des ans, ce qui préoccupe les résidents de cette rue privée. «Il y a de nombreux utilisateurs qui passent par là et ça nous fait plaisir. On met des bancs, les gens les utilisent et pensent que c’est la municipalité qui les met là! Mais personne ne s’engage pour les travaux et nous devons en assumer les coûts, même si ça sert à tous», explique Marie-France Dubois, co-propriétaire du terrain concerné.

Alors que la ZIP Saguenay est mandatée pour faciliter l’accès au fleuve, à travers notamment un inventaire des accès existants, les propriétaires se questionnent. «On ne veut pas empêcher les gens de venir à la plage, mais il ne faudrait pas que ça occasionne davantage de bris. Certains voudraient mettre une barrière, mais ce n’est pas notre souhait», indique Mme Dubois qui entend faire réparer le muret au printemps.

Au fil des ans, les riverains ont fait quelques appels à la municipalité. Le maire Pierre Tremblay rappelle que comme il s’agit de terrains privés, la municipalité n’a pas à s’engager dans les travaux. «Malheureusement, on ne peut pas faire grand’chose. Je pense que les gens sont préoccupés, mais le règlement est clair et protège la municipalité », explique-t-il. Il remarque cependant que les effets de l’érosion sont de plus en plus marqués. «Je ne veux pas être prophète de malheur, mais c’est sûr que c’est une tendance lourde avec les variations climatiques. On est très sensible à ça et les ministères nous avisent qu’il faut essayer de prévoir. Peut-être qu’éventuellement, on prévoira des budgets pour ça, mais les propriétaires sont responsables de la route, du fond de route et des aménagements autour », argue-t-il, rappelant que le chemin de la Plage ne correspond pas aux critères préalables à une municipalisation.

L’aménagiste de la MRC de Charlevoix, Stéphane Chaîné, corrobore les propos du maire Tremblay. «Lorsqu’il arrive quelque chose de grave, une inondation, un affaissement qui menace des propriétés, il arrive que le gouvernement fasse un décret et dégage des fonds pour compenser, mais c’est exceptionnel. Le gouvernement n’est pas responsable de protéger les citoyens contre ça. C’est naturel comme phénomène. Les assurances non plus. Quelqu’un qui vit sur le bord d’un cours d’eau a les avantages et les inconvénients», indique-t-il. L’Isle-aux-Coudres est particulièrement sensible à l’érosion, comme l’ont démontré une fois de plus les dernières grandes marées qui ont affecté notamment le chemin de la Bourroche. Des secteurs de Petite-Rivière-Saint-François et les berges de la rivière du Gouffre par endroit sont aussi susceptibles de subir les ravages de l’érosion. Certains secteurs de la MRC de Charlevoix-est composent avec les mêmes risques. « Tant qu’il n’y a pas de décret provincial pour identifier une zone sinistrée, il n’y a pas de compensation prévue », conclut l’aménagiste Stéphane Chaîné.

L’érosion des berges en bref

L’érosion des berges est un phénomène naturel qui se caractérise par une dégradation ou un déplacement de parties de littoral. Les mouvements du fleuve en sont principalement responsables, bien que d’autres facteurs comme le climat (vent, précipitation) et les activités humaines soient aussi imputables.

Les grandes marées et les tempêtes, dont la fréquence et l’intensité sont plus marquées en raison des changements climatiques, sont en grande partie responsables de la perte de territoires côtiers.  Le réchauffement global a de plus un impact sur la quantité et l’épaisseur des glaces hivernales qui ont un rôle de protection des rives.  Les pluies abondantes causent aussi l’érosion en lessivant le sol alors que les forts vents entraînent aussi une perte de substrat.

(Source : crecn.org)