Une autre année hautement déficitaire pour produits forestiers Résolu

Une autre année hautement déficitaire pour produits forestiers Résolu

Yves Laflamme, pdg

Produits forestiers Résolu (PFR), qui exploite l’usine de pâtes et papiers de Clermont, a connu une autre année difficile en 2017. En effet, l’entreprise, qui compte plus de 40 établissements, a perdu la somme 84 M$ au cours des 12 derniers mois. De plus, elle annonce la nomination d’un nouveau président et chef de la direction.
Malheureusement, les années se suivent et se ressemblent pour PFR. Pour l’année 2016, la société dont le siège social est situé à Montréal avait essuyé une perte de 81 M$, soit 0,90 $ par action. Cette dernière s’est accrue en 2017, pour atteindre 0,093 $ par action. Globalement, les ventes ont diminué de 1 % au cours des 12 derniers mois, pour atteindre 3,5 G$.
Seul aspect positif des derniers résultats dévoilés la semaine dernière, les activités de PRF ont affiché une certaine reprise au cours du dernier trimestre, soit entre octobre et décembre. En effet, l’entreprise a enregistré un bénéfice net de 13 M$, soit 0,14$ par action. Pour la même période en 2016, elle avait perdu 45 M$, soit 0,50$ par action. « Dans l’ensemble, nous sommes satisfaits de la performance des secteurs du bois d’œuvre et du papier journal, ainsi que de celle du secteur de la pâte, qui a affiché un de ses meilleurs trimestres », avance Richard Garneau, président et chef de la direction. De plus, pour le papier journal, un marché favorable a entraîné une hausse de 14 $ par tonne métrique du prix de vente moyen, qui s’est établi à 525 $ par tonne métrique.
Le PDG espère que le secteur des pâtes et papiers poursuivra sur sa lancée en 2018. « Nous croyons que l’élan positif des prix se poursuivra au premier trimestre. Des gains additionnels sont attendus de nos initiatives de restructuration à l’usine de Calhoun et du redémarrage d’une machine à papier à l’usine d’Alma, et nous pensons que nos secteurs du papier devraient s’améliorer, du moins à court terme, en raison de la situation actuelle de l’offre et de la demande », soutient-il. Par contre, l’entreprise pourrait subir les contrecoups des barrières tarifaires américaines. « Nous continuons de naviguer entre les mesures commerciales capricieuses et arbitraires des États-Unis, qui se répercutent sur nos marchés du bois d’œuvre et du papier, et nous apprécions le travail de sensibilisation récemment entrepris par les médias imprimés et d’autres parties qui s’opposent aux droits compensateurs sur les papiers non couchés de pâte mécanique », décrit-il. Aussi, une pénurie de camionneurs pourrait toucher l’industrie en 2018 et affecter la production.
Un nouveau PDG
Le conseil d’administration de PRF a profité de l’annonce des résultats financiers pour annoncer le départ à la retraite de Richard Garneau, PDG depuis 7 ans. L’entreprise a déniché à l’interne son remplaçant, et a sélectionné Yves Laflamme, qui occupait le poste de premier vice-président, Produits du bois, Approvisionnement global et Technologies de l’information. Ce dernier a amorcé sa carrière en finances en 1981 aux usines intégrées de pâtes et de produits du bois de Donohue Inc., avant de monter les échelons corporatifs jusqu’au sommet. « Yves jouit d’une solide réputation au sein de l’industrie, porte un regard finement aiguisé sur les coûts et s’entoure d’équipes qui produisent constamment des résultats probants », avance Bradley P. Martin, président du conseil d’administration. Quant à lui, le nouveau dirigeant s’est dit honoré de sa nomination. « Nous poursuivrons sur notre lancée et continuerons de faire de Résolu une société rentable et durable », déclare-t-il.
Aussi, M. Martin a tenu à rendre hommage au nouveau retraité.
« Son leadership de principe et son insistance sur l’obtention de résultats véritablement durables ont jeté les bases d’une prospérité partagée », affirme-t-il. Sous l’ère Garneau, PFR a supprimé entre 40 et 50 postes à l’usine de Clermont en 2015 lors de l’arrêt de la machine no 4. L’entreprise a aussi vendu sa scierie de Saint-Hilarion qui compte une quarantaine d’emplois au Groupe Lebel en 2017, après des périodes successives de fermeture et de réouverture, mettant au chômage ses travailleurs à chaque reprise.