Agriculture: un plan A et un plan B pour La Ferme Éboulmontaise

Agriculture: un plan A et un plan B pour La Ferme Éboulmontaise

Lucie Cadieux et Gabrielle Cadieux-Gagnon en des temps moins houleux pour l’entreprise.

Crédit photo : Emélie Bernier

À l’heure actuelle, Gabrielle Cadieux-Gagnon met tout en œuvre pour racheter l’entreprise familiale et repartir sur de nouvelles bases, de connivence avec deux jeunes partenaires d’affaires motivés. Malgré toute cette bonne volonté, la jeune femme a l’impression qu’elle part avec une prise. « Je me bats contre plus grand et plus puissant que moi, on dirait », lance la jeune femme qui essaie de ne pas se laisser abattre.

Le plan d’affaires du trio tient la route, car la clientèle, nerf de la guerre, est là. « On aimerait générer 550 agneaux par an, se doter d’un permis pour mettre en marché à plus grande échelle, diversifier notre production et transformer tant dans le chaud que le froid en travaillant avec Annie Bérubé et Donald Tremblay de l’Agneau Véritable… On le sait que l’entreprise peut marcher! », lance-t-elle.

Mais au milieu des fonctionnaires qui n’ont que trop rarement des réponses à ses questions, elle perd sa contenance. « Financement Agricole Canada n’est pas prêt à nous aider si on ne donne pas la moitié en mise de fonds, mais on n’arrive même pas à savoir le prix de vente… La Financière agricole du Québec et Financement Agricole Canada se renvoient la balle. C’est la tour de Babel. Je ne peux pas aller plus vite que la machine », déplore-t-elle, émotive.

Il faut dire que c’est la ferme qui a ramené Gabrielle Cadieux-Gagnon dans Charlevoix. « C‘est la pierre angulaire de pourquoi je suis revenue dans la région, pourquoi j’ai parti mon resto (ndlr : La Table), pourquoi j’ai fondé une famille ici », poursuit la jeune femme.

Les services d’accompagnement font cruellement défaut à cette étape-ci. «Il y en a du monde ferré qui connaissent les ressources, où est ce qu’ils sont quand on a besoin d’eux? », s’indigne-t-elle, au bord des larmes…

Gabrielle Cadieux-Gagnon ne sait que trop bien ce qu’implique le plan B, celui qui prendra le relais si le plan A ne marche pas, mais elle refuse de baisser les bras. « Mon objectif est d’en faire une entreprise en santé, mais ne pas la dénaturer, de continuer de travailler avec la communauté, comme on a toujours fait. Je ne veux pas le garder pour moi! Je ne suis pas agricultrice, moi, mais je veux juste que ça vive parce que je sais que c’est viable », conclut-elle, avant de retourner à son plan d’affaires, déterminée malgré l’immensité de la tâche.